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LA CULTURE ITALIENNE ET REGIONALE
GASTRONOMIE
Cuisine
méridionale par excellence la cuisine des Pouilles, simple et
rustique, est colorée et savoureuse. Blé, raisin et olives,
c'est-à-dire les farineux, le vin et l'huile en forment les 3
piliers. Ses légumes de prédilection sont, outre la tomate
bien sûr, les aubergines, les oignons, les poivrons, les fèves
et les artichauts. Des innombrables types de pâtes, nous retiendront
les "orechiette" assaisonées aux herbes sauvages souvent
mariées avec les herbes domestiques du potager. Les délicieux
poissons de l'Adriatique se retrouvent dans le "ciambotto"
à Bari. Les lacs du Gargano produisent des anguilles cuisinées
en sauce alors que moules et huitres sont servies à Tarente.
Les viandes sont essentiellement représentées par les
ragoûts et boulettes de boeuf, les paupiettes de cheval, le mouton
et le lapin en sauces. Charcuterie à Martina Franca. Enfin chef
d'oeuvre de sobriété, la "frisedda" est un petit
pain de farine blanche ou de blé entier en forme de couronne
au trou étroit. On peut y ajouter de la tomate ou des oignons.
La région des Pouilles, véritable cave
d'Italie par l'étendue de sa production, encahntera tous les
amateurs de bons vins.
PIZZICA
La musique populaire du Salento est l'héritière
d'une tradition où les influences culturelles sont devenues des
apports "naturels" résultant des siècles de
dominations les plus diverses, mais surtout des échanges avec
d'autres peuples de la Méditerranée. Pendant des siècles,
cette région a été le carrefour des mondes latin
et grec: non seulement Athènes, Rome ou Byzance ont laissé
des traces profondes dans la région du Salento, mais aussi l'Islam
et l'Espagne, ou encore les civilisations nomades.
C'est ce mélange complexe d'influences culturelles
qui caractérise les chants et les pizziche du groupe Zoé.
Leur répertoire est composé de chants de
travail, de chansons d'amour en dialecte et en grec salentin (un ancien
dialecte de cette région dérivé du grec ancien),
de chants de révolte, et surtout de pizziche de core (du coeur)
et pizziche tarantate.
La pizzica, c'est la grâce et la sensualité de la chasse
amoureuse mise en scène par la pizzica de core, ou le tragique
du duel à mort que
se livrent des hommes armés de couteaux dans la pizzica scherma.
Ces deux danses dérivent des mêmes rythmes que la pizzica
tarantata, dont elles gardent la force libératrice et le charme
antique.
Par la percussion obsédante du tambourin, les musiciens
se réapproprient des gestes enfouis et oubliés, renouent
avec la pratique d'une culture ancestrale.
La tarentelle est sans doute la plus connue parmi les danses
traditionnelles de l'Italie du Sud. Née comme musique thérapeutique
dont le but était de délivrer du poison le malade (souvent
une femme) qui avait subi la morsure de la tarentule, elle se base sur
le rythme obsessif des tambourins. Tarantella à Naples, elle
s'appelle "pizzica-pizzica" dans le Salento, la région
la plus au sud des Pouilles. C'est dans cette même région
que les rites du tarentisme ont survécu plus longtemps (jusq'à
la première moitié du XXème siècle).
Aujourd'hui la pizzica-pizzica en tant que thérapie
à travers la musique n'existe plus, mais ses rythmes entraînants
vivent toujours dans les chants et les musiques traditionnelles du Salento.
Mélange de sacré et de profane où à des
rites qui puisent leur racines dans une culture pré chrétienne
se joignent des invocations aux saints protecteurs des malades (St.
Paul en particulier), la pizzica-pizzica à connue ces derniers
années un grand retour de popularité et les "nuits
de la taranta" remplissent en été les places des
villages du Salento, sur lesquelles on se livres à une danse
hypnotique jusqu'au matin.
La
Tarentelle, une musique et une danse rituelle: 2000 ans d'exorcisme
musical dans le sud de l'Italie, le rythme a toujours été
lié à une danse diabolique : la Tarantella. Depuis plus
de 2000 ans, les gens pensent que c'est l'unique moyen pour échapper
à la piqûre de la tarentule, l'araignée noire. Si
vous etes piqué, le poison remonte le long de votre jambe, vous
avez alors des spasmes qui sont à l'origine du rythme de la Tarantella.
Cette danse est la seule solution pour contrôler l'agonie diabolique,
le rituel et la musique hypnotique vous libèrent du poison.
Ce rituel païen est issu de la Grèce et
de la Rome antique qui embrassait volontiers le mode de vie de Dionysos.
Au cours du Concile de Trente, le rythme est banni de la musique et
la Tarantella condamnée à disparaître. Mais tard
dans la nuit, dans les fermes ou dans les campagnes profondes, les tambourinements
sont réapparus et le rituel oublié a continué à
travers la nuit. La Tarantella est alors devenue la danse de la résistance.
Contre les dogmes du Pape, contre les répressions, contre la
suprématie de la culture citadine.
Le
pouvoir de ce rythme, la passion des mélodies et la sagesse des
paroles ont amené la Tarentella jusqu'au 21ème siècle.
Puis doucement, les jeunes ont pris le relais des anciens, le rituel
s'est rajeuni et il jouit maintenant d'une nouvelle vie et d'une nouvelle
résistance dont les hommes sont en proie.
LA PARTIE GRECQUE DES POUILLES
Identique à la colonisation grecque et à
la progressive hellénisation méridionale, le Salento grec
est un espace géographique comprenant actuellement les Communes
de Calimera, Castrignano dei Greci, Corigliano, d’Otranto, Martano,
Martignano, Melpignano, Soleto, Sternatia, et Zollino, dans le cœur
du Salento oriental, où persistent les empreintes de la civilisation
greco-byzantine et est encore vivant le "griko", idiome incroyablement
proche du grec moderne. L'enclave de la Grêce, que l'on peut atteindre
facilement en voiture à partir de Lecce, d'Otranto, de Gallipoli
et de Santa Maria di Leuca.
"Nous sommes grecs, et cela fait notre fierté",
écrivait le Galatée, et à juste raison. Et le démontrent
les légendes que veulent presque tous ces pays, miraculeusement
sauvées des ouragans et des typhons, habituellement à
cause d’intercession des saints orientaux, La Grèce du
Salento est encore aujourd'hui riche en exceptionnelles empreintes historiques
et artistiques, qui planent au dessus des menhirs, des dolmens et des
"specchie" (la célèbre "specchia"
dei mori, à Martano), de la "pietra forata" ou "pietra
della fertilità" de Calimera, dans l'église de San
Vito, qui dans la symbologie de la purification et de la renaissance
rappelle des rites propitiatoires analogues à ceux pratiqués
par les grecs, les voisins d'en face; des hiératiques et des
magnifiques icônes des cénobies basiliens aux cryptes (celle
de San Biagio à Calimera, se lève dans le parc homonyme
naturalistico-archéologique; celle de San'Onofrio à Castrignano
dei Greci remonte au VI siècle de l'ère chrétienne,
alors que le San Sébastien de la crypte, homonyme de Sternatia,
remonte à 1100), aux centres monastiques, aux châteaux
(remarquable celui de Corigliano d'Otranto, du XV siècle et la
forteresse Granafei de Sternatia), aux églises (imposants le
complexe baroque conventuel des Agustains à Melpignano, le clôcher
de Sternatia et les aiguilles gothiques de Soleto et aussi splendides
les fresques, toujours à Soleto, de l'église du XV de
Santo Stefano, la paroisse dédicacée à l’Assunta,
à Martano), aux bâtiments gentilices de Martano, de Corigliano,
d’Otranto, de Calimera et de Martignano, jusqu'aux caractéristiques
"pozzelle" de Castrignano dei Greci, de Soleto et de Zollino,
archaïque artifice hypogée pour la conservation des eaux
pluviales.
Si un élément met en commun tous ces
pays, c'est la survie, ou la mémoire, du rite grec, ici très
diffusé jusqu'au XVII siècle, et de la parole grecque,
racines qui s'innervent dans la toponomastique locale, et avec la même
originalité des architectures (les cours plurifamiliales, par
exemple, d'un blanc éblouissant, les balcons, les décorations
à losanges), des us et coutumes qui rendent cette aire unique
au monde et comme telle, qui mérite l'attention de la part des
touristes à la recherche de culture.
LECCE:
LA VILLE DU BAROQUE
Le
baroque mérite une digression en tant que la plus haute forme
du dramatique de la foi dans l'art, qui atteint son sommet dans l’extraordinaire
bizarrerie architecturale de la ville de Lecce, capitale mondiale du
baroque.
La basilique de Santa Croce mérite à elle seule un voyage
dans le Salento, même en provenance des points les plus perdus
de la planète. Lecce est l’exultation baroque et de la
pierre typique de Lecce, des façades magnifiques des églises,
des couvents et des édifices publics et privés jusqu'au
plus humble de ses balcons et de ses portails. Le baroque à Lecce
et dans les autres centres de la province intéressés par
ce phénomène plateresque, comme la ville de Galatina grecque
(riche empreintes datant du XVIII parmis lesquelles se détache
la cathédrale dédiée à Saint Pierre et Paul),
et Galatone, elle même très grecque (avec le Sanctuaire
Crocifisso della Pietà réellement riche, l’église
des Dominicains et l'église principale), Nardò (avec sa
baroque Piazza Salandra et la remarquable église de Saint Dominique),
Gallipoli, Alessano, à l'élégie de l’art
religieux dans le Salento, sa dernière grande expression.
Sur ces décors de religiosité diffuse,
le clôcher domine de manière incontestée, de ceux
en arcades pour les petites églises jusqu'aux prestigieuses aiguilles
de Lecce, Soleto, Sternatia, Maglie, Copertino, qui se laissent surprendre
comme exceptionnellement pétrifiées dans la plaine du
Salento.
Parmis les plus précieux éléments
qui composent le territoire du Salento, une place au premier rang revient
aux lieux de la sacralité, reconnaissance due à la profonde
dévotion d'un peuple qui depuis des millénaires a précieusement
conservé des valeurs essentiellement universelles, comme le culte
des morts, la survie de l'âme, le mystère de l'au-delà,
la foi en un dieu omnipotent. Cela pourrait avoir la goût classique
de l'"esprit de clôche", mais les salentins ont à
coeur la légende selon laquelle Saint Pierre aurait privilégié
le Salento en débarquant à Santa Maria di Leuca et parcourant
l’entière péninsule pour recueillir, entre les amas
de pierres, les primices du nouveau credo évangélique.
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